Affichage des articles dont le libellé est réflexions. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est réflexions. Afficher tous les articles

mercredi 17 février 2010

Le paradoxe connaissance-ignorance

J'ai cru à plusieurs reprises que cela n'arriverait jamais, mais j'ai finalement passé toutes les étapes de défenses et de corrections et depuis un mois, je m'habitue gentiment à l'idée du Dr. devant mon nom. La libération ne fut pas aussi grande que je l'espérais tous des derniers mois, car  l'obtention du diplôme précède surtout l'étape de recherche d'emploi et donc d'interrogations existentielles du genre Qui suis-je? Où vais-je? Qu'est-ce que je veux faire de ma vie? Comment vais-je trouver un travail dans le climat économique actuel?

J'ai procédé par élimination: Je sais que je ne veux pas rester dans l'académique: je suis ingénieure plus que chercheuse. Je ne veux plus travailler seule. Ni devant un écran 50 heures par semaine - hors internet. Parmi mes réflexions diverses, j'ai aussi réalisé qu'un paradoxe du travail de thèse, c'est que d'un côté, on devient super spécialisé dans un cas particulier d'une sous-branche de la branche et que de l'autre côté, le temps passé sur le cas particulier de la sous-branche de la branche rend difficile la "formation générale continue", à savoir être à peu près à jour sur les grands sujets de la science actuelle. Par exemple, j'ai entendu que le CERN avait eu des petits soucis avec le démarrage du LHC, mais je me retrouve à compter plus sur The Big Bang Theory que sur la lecture de La Recherche ou Nature - ou même Science & Vie - pour savoir si les scientifiques ont enfin trouvé le boson de Higgs.

La connaissance spécialisée se fait au détriment du généralisme.
La culture, c'est ce qui reste quand on a tout oublié.
Édouard Herriot
Ma culture générale scientifique n'a jamais été aussi bonne qu'à la fin de ma licence de physique. Mais après toutes ces années, il ne m'en reste pas grand chose, à part une capacité à comprendre bien plus rapidement.

C'est d'autant plus frustrant que je pense n'avoir jamais été entourée d'autant de gens brillants que ces dernières années. Avec le recul, je réalise aussi que de devoir enseigner, même si cela prend toujours du temps à un moment où on pense avoir mieux à faire, permet d'avoir une réelle connaissance de la branche.

Le programme dès le printemps sera de reprendre ma liste de lecture là où je l'ai laissée:
  • The Undercover Scientist, par Peter J. Bentley
  • Des atomes dans mon café crème, par Pablo Jensen
  • La physique de tous les jours, par Istvàn Berkes
  • Histoire mondiale des sciences, par Colin Ronan
  • Surely you're joking, Mr. Feynman, par Richard P. Feynman
  • Big Bang, par Simon Singh
  • Lumière et Matière, par Richard P. Feyman
  • Lectures on Physics, par Richard P. Feynman
Soit quelques milliers de pages. 
Je vais peut-être commencer par me remettre au Science & Vie.

Sans compter que si je ne me mets pas un peu à jour, je ne vais pas avoir grand chose à raconter ici.

jeudi 23 juillet 2009

... et la lumière fût.

La lumière et les couleurs m'ont toujours fascinée. Cela a probablement commencé avec une observation attentive d'arc-en-ciel, des taches d'huiles sur le sol et de bulles de savon.

C'est peut-être cela qui différencie un enfant "normal" d'un futur scientifique. Celui qui ne se contente pas de faire des bulles de savon, mais qui haut comme trois pommes observe avec attention les couleurs qui s'y font et s'y défont et s'étonne de la perfection de la sphère. D'ailleurs, s'il essaie de faire des bulles de plus en plus grosses, ce n'est pas pour pouvoir se la jouer devant ses camarades, mais c'est pour essayer de comprendre pourquoi elles finissent toujours par exploser...

Newton, quand il sépara la lumière blanche en ses composantes spectrales encore aujourd'hui connues comme les couleurs de l'arc-en-ciel, fut accusé de détruire la beauté de ce dernier. Contredire Aristote ne fut en effet pas du goût de tous! Goethe, s'il est surtout connu pour avoir écrit Les souffrances du jeune Werther, travailla également sur la lumière et la théorie des couleurs. Il serait mesquin de prétendre que si on le connaît moins pour cela, c'est qu'il n'a laissé qu'une maigre contribution, car c'est faux. Certes, il n'a pas non plus reconnu la force de travaux de Newton sur la lumière, qu'il rejeta également, mais il n'était pas le seul. Il croyait encore aux idées d'alors datant d'Aristote qui pensait que la couleur venait d'un mélange de lumière et d'obscurité. Alors pensez bien que concevoir que d'ajouter du rouge à du bleu donne du magenta puisse être difficile à avaler. Il pensait d'ailleurs que les mathématiques et la science n'avait rien à faire avec les couleurs, qui sont du ressort des artistes. Il ne s'agit donc pas seulement de l'arc-en-ciel, mais de l'éternel débat entre ceux qui trouvent que comprendre la délicate mécanique de la nature ne peut la rendre que plus belle et... des autres1.

Ce que je trouve d'autant plus fascinant au sujet de la "lumière", c'est sa subjectivité. Spontanément, l'humain va considérer que la lumière dite visible, qu'il voit donc avec ses yeux, n'a rien à voir avec la radioactivité, la chaleur du soleil sur sa peau ou les ondes captées par son poste radio. Alors que fondamentalement, il s'agit du même type de rayonnement dont seule l'énergie diffère. Cette subjectivité qui se retrouve dans les théories physiques, chaque phénomène ayant d'abord été étudié indépendamment... La science est bien subjective.

Mais voilà! Chassez le naturel, il revient au galop! Si je ne m'assieds pas avec un papier et mon stylo-plume pour établir un plan avant de commencer mon texte, l'étoffer de quelques mots-clés, mes pensées partent dans tous les sens, je digresse et j'en oublie mon idée initiale. Qui était, je crois, de lancer la machine et d'expliquer où ira peut-être ce blog! Je crois que ce qui est clair, c'est que l'optique et la lumière y auront leur place...


1 il est aisé de déterminer dans quel camp je me trouve!